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Ces peuples qui parlent à toute vitesse

05,Oct,2013

Nombre d’entre nous sommes déjà restés sans voix face au débit de parole de nos voisins espagnols. Cette impression est-elle justifiée ? Des chercheurs de l’université de Lyon se sont penchés sur cette question.

Afin de mener à bien leur étude, les chercheurs ont rassemblé un panel de 59 volontaires composé de 30 hommes et 29 femmes. Parmi eux, des natifs de 7 langues différentes : l’anglais, le français, l’allemand, l’italien, le japonais, le mandarin et l’espagnol. Ces derniers avaient pour tâche de lire une vingtaine de phrases dans leur langue respective. Les chercheurs ont ensuite calculé le nombre de syllabes prononcées par seconde et ont comparé les résultats.

Et bien, que l’on se rassure, nos oreilles ne nous ont pas trompés ! Les espagnols parlent bel et bien plus vite avec 7,82 syllabes par seconde, ainsi que les japonais qui arrivent même en tête du classement avec pas moins de 7,84 syllabes par seconde.

En revanche, les anglais sont plutôt de ceux qui prennent leur temps avec 6,19 syllabes par seconde mais parlent cela dit bien plus vite que les chinois qui prononcent en moyenne 5,18 syllabes par seconde.a

Mais ce que révèle véritablement cette étude, c’est que bien que le débit varie, la quantité d’informations transmise pour un temps donné reste la même dans chaque langue. Ceci explique notamment qu’il soit possible de doubler un film espagnol en français sans problème majeur.

Concrètement, cela signifie que certaines langues possèdent des syllabes avec une densité de sens plus importante. Les chercheurs ont d’ailleurs mesuré cette densité en utilisant le vietnamien comme indice de base (indice de base 1). Ainsi, le japonais aurait en comparaison une densité de 0,49 et les espagnols une densité de 0,63, tandis que la densité du sens contenu dans une syllabe anglaise s’élèverait à 0,91 et dans une syllabe chinoise à 0,94. On peut donc en conclure que plus le débit d’une langue est élevé, moins elle est dense.

Cependant, il ne faut pas oublier que le débit de parole dépend du locuteur et de la situation dans laquelle il se trouve (il aura tendance à parler plus vite en situation de stress par exemple). D’autre part, notre ressenti varie en fonction de notre maîtrise de la langue. On aura effectivement tendance à trouver le débit de parole plus élevé dans une langue que nous ne maîtrisons pas car nous ne saisissons pas toute l’information et il nous faut alors nous concentrer davantage pour tenter de comprendre ce qui est dit.

Les résultats de cette étude doivent malgré tout être nuancés car elle porte seulement sur 7 langues alors que l’on en compte environ 6000 dans le monde.