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L’anglais est-il toujours la langue d’Internet ?

22,Juil,2016

L’anglais est largement considéré comme étant la langue du monde virtuel. Les développeurs et inventeurs anglophones ayant largement contribué à l’invention de ce qui est aujourd’hui pour nous « Internet » et les géants d’Internet et start-ups de haute technologie étant regroupés dans la Silicon Valley aux États-Unis, la plupart des gens acceptent l’idée que l’anglais domine le monde virtuel.

English

Mais cela est-il vrai ?

Pendant longtemps, l’anglais a été la lingua franca du monde virtuel, c’est-à-dire la langue commune adoptée par ceux ne partageant pas leur langue maternelle. Par ailleurs, le jargon technique, le langage propre à Internet et les acronymes utilisés sur les « chat » ont non seulement changé la langue anglaise telle que nous la connaissons, mais ils ont également intégré le parler courant des autres langues. L’anglais a renforcé sa position dominante en faisant office de lingua franca en matière de politique et de commerce international au cours du 20e siècle (et l’est probablement encore de nos jours) et tandis que de plus en plus de communications se font en ligne. Toutefois, plusieurs éléments indiquent que l’ère de l’anglais est désormais incertaine.

Chez The Translation People, nous traduisons quotidiennement de nombreux sites Internet, ainsi que de nombreux contenus destinés à être intégrés en ligne. Nous nous sommes donc posés la question : quel est le vrai paysage linguistique d’Internet aujourd’hui et l’anglais est-il toujours la langue dominante du monde virtuel ?

Une étude effectuée en 2015[1] a fait le classement des dix premières langues utilisées sur Internet (en termes de pages écrites dans ces langues). Les résultats de cette étude sont les suivants :

Internet par langue de contenu

1. Anglais

55,5 %

2. Russe

5,9 %

3. Allemand

5,8 %

4. Japonais

5,0 %

5. Espagnol

4,6 %

6. Français

4,0 %

7. Chinois

2,8 %

8. Portugais

2,5 %

9. Italien

1,9 %

10. Polonais

1,7 %

Un an après, l’anglais a chuté à 53,6 %, soit -1,9 % en douze mois seulement.

Ces chiffres ne sont pas à couper le souffle dans la mesure où l’anglais reste à la tête du classement, mais sa position dominante ne cesse de faiblir année après année et, de plus en plus de contenus sont créés dans d’autres langues, en particulier dans les langues d’Europe orientale, d’Asie et d’Afrique. Cet aperçu nous amène à nous demander où se trouvent les acteurs importants (tels que l’arabe et les langues d’Asie du Sud et de l’Est), étant donné le nombre de locuteurs natifs. Bien que l’anglais reste dans une position forte, celle-ci ne cesse de faiblir.

Si nous observons, au contraire, le nombre réel d’utilisateurs par langue[2] dans le monde, nous obtenons des résultats bien différents :

Utilisateurs d’Internet par langue maternelle (millions d’utilisateurs)

1. Anglais

872,9

2. Chinois

704,5

3. Espagnol

256,8

4. Arabe

168,1

5. Portugais

131,9

6. Japonais

114,9

7. Russe

103,1

8. Malaisien

98,9

9. Français

97,2

10. Allemand

83,7

Prenons le chinois, par exemple. Le nombre d’internautes dont la langue maternelle est le chinois est estimé à 704,5 millions, cependant il n’y a que 2,8 % de contenus dans cette langue sur Internet. Les entreprises qui décident donc de localiser leur contenu en ligne en chinois pourraient bénéficier d’un retour sur investissement et d’un marché cible très intéressant. Il en va de même de l’arabe qui ne figure même pas dans les dix premières langues, ainsi que de l’espagnol, du portugais et du malaisien : il s’agit d’énormes marchés avec un fort potentiel, mais il existe une disparité énorme entre le nombre d’utilisateurs et le contenu disponible dans leur langue maternelle.

Il devient de plus en plus évident que les entreprises multinationales ayant à cœur la satisfaction de leurs clients ne peuvent plus simplement dépendre de l’anglais. Imaginez deux entreprises mondiales vendant les mêmes produits et services au même marché étranger : l’entreprise A a complètement localisé son contenu Internet en fonction des coutumes et des pratiques commerciales locales, tandis que l’entreprise B a choisi de conserver l’anglais comme lingua franca. L’entreprise B va initialement faire des économies, mais elle ratera également une opportunité de gagner des millions. Son image, par ailleurs, sera celle d’une entreprise qui ne comprend pas le marché qu’elle souhaite rejoindre et qui ne se soucie pas des meilleurs intérêts de celui-ci.

Nous espérons vous avoir donné un aperçu du profil linguistique d’Internet, de sa constante mutation et de l’importance de ne plus considérer l’anglais comme la langue prédominante. D’énormes marchés au fort potentiel restent encore inexploités. Chez The Translation People, nous avons à cœur de faciliter la communication entre les cultures et d’aider les personnes à comprendre des textes dans leur langue maternelle. Nous avons donc hâte de voir à quoi ressemblera bientôt le profil linguistique du monde virtuel !

 
[1] Web Technology Surveys (2016) Retrieved 30 May 2016, from https://w3techs.com/technologies/overview/content_language/all
[2] Internet Word Stats (2015) Retrieved 30 May 2016, from http://www.internetworldstats.com/stats7.htm