On ne blague pas avec l’humour

30,Août,2013

L’humour est probablement la bête noire de nombreux traducteurs, en particulier lorsqu’il s’agit de traduire des jeux de mots ou des blagues contenant des références culturelles spécifiques. Lorsque celles-ci sont particulièrement ciblées, la traduction semble impossible et une explication du contexte les alourdirait terriblement. Par ailleurs, il ne s’agit pas uniquement des traducteurs. Qui, par exemple, ne serait pas frustré de ne pas savoir raconter une blague lors d’un séjour à l’étranger ? Ou gêné de faire une blague ne recevant pas un franc succès ? Le traducteur, lui, doit également prendre en compte la façon dont la blague pourrait être reçue en gardant à l’esprit qu’on ne rit pas forcément des mêmes choses partout dans le monde, bien que des tendances se dessinent.

En 2001, le site internet britannique LaughLab a démontré que l’humour n’était pas universel en recensant environ 40 000 blagues que les internautes devaient noter de 1 à 5 (1 = pas drôle, 5 = très drôle). Plus de 2 millions de notes ont été attribuées. Bien que l’humour reste quelque chose de très personnel, on observe, à partir des résultats, différents courants en fonction de la nationalité des internautes. L’étude révèle que les Irlandais, les Anglais et les Néo-zélandais apprécient davantage les jeux de mots, de nombreux Européens (comme les Français, les Danois et les Belges) préfèreraient l’humour décalé surréaliste et les Américains et les Canadiens seraient plus réceptifs aux blagues possédant une notion de supériorité.

Il ne semble pas y avoir de secret ou d’astuce pour traduire l’humour, qui reste un exercice très technique. Il faut, c’est certain, être créatif, posséder soi-même un certain sens de l’humour et être suffisamment imprégné de la culture cible, c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles un traducteur travaille toujours vers sa langue maternelle. Cependant, le traducteur doit avant tout savoir se détacher du texte original car dans l’humour en particulier, il ne s’agit pas de tout restituer mot pour mot mais bien de transmettre le message au lecteur.